Le parapente réunionnais a une date de naissance : novembre 1984. Ce mois-là, John Jourdain décolle des hauteurs de Saint-Leu et réalise le premier vol de parapente de l’histoire de l’île. Air Lagon est né de ce vol, et vole depuis sur les mêmes pentes.
Un sport alors tout jeune
Le parapente lui-même n’avait que six ans. Il est né en Haute-Savoie, à Mieussy, où Jean-Claude Bétemps, André Bohn et Gérard Bosson ont les premiers décollé d’une pente sous une voile de parachute, au lieu de sauter d’un avion. La pratique est encore expérimentale quand elle traverse l’océan Indien.
Novembre 1984 : le premier vol de l’île
John Jourdain réalise le premier vol depuis les hauteurs de Saint-Leu, au-dessus du lagon. Il organise dans la foulée le premier stage de parapente de l’île, aux côtés de Jean-Claude Bétemps et de Gérard Bosson. Le parapente réunionnais commence donc avec deux de ses inventeurs.
On lui doit ensuite l’ouverture de nombreux sites de vol réunionnais et la formation de centaines de pilotes. Il n’encadre plus les vols d’Air Lagon aujourd’hui, mais quatre décennies de vol libre à La Réunion portent sa trace.
Saint-Leu, le site historique
Le décollage des Colimaçons, à 800 mètres au-dessus de la commune, est le site historique du parapente réunionnais. Le choix n’a rien d’un hasard. Les alizés du sud-est remontent la côte ouest et viennent buter sur le relief de Saint-Leu : ils produisent des ascendances régulières et environ 300 jours volables par an.
Le vol relie la montagne et la mer. On survole les champs de canne à sucre et le conservatoire botanique des Mascarins, puis le lagon et sa barrière de corail, pour se poser au bord de l’eau, près de Kélonia. Les Colimaçons restent le décollage principal d’Air Lagon. Deux départs plus hauts s’y sont ajoutés : un site privé à 1 600 mètres au-dessus de la forêt primaire, et le Maïdo à 2 200 mètres, face au cirque de Mafate.
Un agrément d’État depuis 1988
Air Lagon est agréée par la Direction de la Jeunesse et des Sports depuis 1988, sans interruption. L’agrément porte sur l’encadrement, sur le matériel et sur les sites de vol. Le label Qualité Tourisme et la médaille du tourisme, échelon bronze, décernée en 2008 au nom du ministre chargé du tourisme, complètent ce cadre.
Air Lagon a aussi formé des pilotes. Cette école est arrêtée : l’équipe se consacre aujourd’hui au seul vol biplace, et l’agrément demeure.
Aujourd’hui
Plus de 50 000 vols plus tard, l’équipe exploite toujours les pentes de Saint-Leu. Tous ses moniteurs sont titulaires du Brevet d’État, seul titre qui autorise l’encadrement rémunéré du vol biplace en France. Le baptême de parapente reprend le vol de 1984 : décollage des Colimaçons, lagon, atterrissage au bord de l’eau. Les cinq formules vont du premier vol au départ du Maïdo.

